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Cet article fait partie d’une série dédiée à la musique en ligne et aux mutations de l’industrie du disque qui paraitront dans les prochaines semaines sur le blog de Sprint.

Signe des temps, une société permettant de produire les artistes que l’on aime s’est créée il y a environ un an et connait un franc succès. Mymajorcompany.com ne permet ni plus ni moins que d’investir dans les artistes que l’on voit sur le site et d’espérer un éventuel retour sur investissement. Je suis le site depuis ses débuts, et j’ai pu me rendre compte des raisons du succès du site: un nombre limité d’artistes triés sur le volet, un design sympa et une orientation communautaire très marquée, avec une interaction possible avec les artistes et le suivi en live des différentes étapes de production. Un service très « Web 2.0″ en somme, au concept intéressant mais finalement pas aussi révolutionnaire qu’il n’en a l’air de prime abord. Explication.
Mymajorcompany n’est pas le seul site qui permet aux internautes de produire leurs artistes favoris, on peut noter en France l’existence de Akamusic ou encore Spidart. Tous ces sites utilisent le même système qui consiste à acheter un certain nombre de parts. Une fois toutes les parts vendues, l’artiste passe en phase de production, les producteurs étant ensuite rémunérés en fonction du nombre d’albums vendus. La première critique envers Mymajorcompany que l’on peut formuler est le côté très consensuel des artistes. Alors qu’on pourrait attendre un peu d’audace dans les chansons, ce sont finalement des musiques très formatées que l’on nous propose de produire. Au niveau commercial, c’est un succès. Aussi bien au niveau des artistes proposés, ils sont tous produits, qu’au niveau du résultat des ventes de l’album de Grégoire, numéro un des ventes pendant plusieurs semaines. Au niveau artistique, c’est beaucoup plus discutable, les mélodies de l’album Toi + Moi sont agréables à écouter, mais l’album manque cruellement de consistance. C’est un reproche que l’on peut faire à presque tous les artistes proposés sur Mymajorcompany, et qui s’estompera peut être avec le temps, une fois qu’il se sera affranchi des contraintes financières inhérentes au lancement d’un nouveau service. Cependant, l’entrée récente de Stephane Courbit – ancien patron d’Endemol – au capital de Mymajorcompany, risque de mettre à mal mes espoirs.
Alors ce nouveau concept d’artistes produits par les internautes ne serait-ils pas de la poudre aux yeux ?
La question mérite en tout cas être posé, tant les différences de méthodes entre les majors et mymajorcompany sont minimes. Reste quand même un concept séduisant, ludique, qui implique la personne et permet une nouvelle relation entre l’internaute et l’artiste. Espérons que les sites seront à l’avenir plus audacieux. Mais une certaine audace peut-elle ressortir d’une grande masse d’internautes ? Ces internautes ne vont-ils pas produire uniquement ce qu’ils ont l’habitude d’écouter ? C’est là que le producteur chevronné, qui repèrera dans la masse la perle rare et arrivera à la faire apprécier au public aura toujours un rôle à jouer.
Baptiste
9
fév
2009
Cet article est le premier d’une série dédiée à la musique en ligne et aux mutations de l’industrie du disque qui paraitront dans les prochaines semaines sur le blog de Sprint. Des invitations pour Spotify sont à gagner en fin d’article.


L’année 2008 aura été une année de transition pour la musique en ligne, l’air de rien, ce sont plusieurs axiomes sur lequel reposaient la vente de musique en ligne qui se sont effondrés. En premier lieu, l’abandon des DRM par Apple sur sa plateforme Itunes (qui sera suivi dans les prochaines semaines par toutes les autres plateformes) est un pas en avant considérable, qui marque un tournant dans la politique des majors du disque. Cela dénote enfin d’une certaine compréhension de la réalité du marché sur internet, à quoi bon payer pour un fichier verrouillé ? Mais ce n’est pas tout, pour la première fois des accords ont été négociés avec la majorité des maisons de disque du marché afin de distribuer de la musique en streaming gratuitement et légalement. Deezer a ouvert le bal, après de laborieuses négociations qui ont finies par aboutir, et dispose aujourd’hui de plusieurs millions d’utilisateurs quotidiens. Spotify sera la prochaine génération de logiciel, plus efficace et plus rapide, avec une qualité sonore bien meilleure pour une monétisation du service bien plus importante. Mais qu’offre vraiment Spotify ?