22
déc
2008
De l’anonymat à la gestion de son identité numérique
By Baptiste. Posted in Non classé | 1 Comment »
Tout le monde sait aujourd’hui que nous ne sommes pas anonymes sur internet. Nous sommes identifiés en permanence sur le réseau grâce à notre adresse IP et les fournisseurs d’accès gardent pendant un certain temps les traces de notre activité, qui inclut les sites visités et ce que nous postons.
Mais cela n’a pas été toujours ainsi. Au début d’Internet (entre 95 et 99-2000), les adresses IP étaient variables et étaient rarement associées à un nom. C’était l’époque où l’on payait à la minute (internet coûtait le prix d’une communication locale) et où l’adresse IP était changée à chaque connexion. Il n’était d’ailleurs pas nécessaire d’avoir d’identifiants pour se connecter, on rentrait juste dans le modem un numéro d’accès et la connexion se faisait à 56 600 Bauds/s.
Cet anonymat réel s’accompagnait d’une certaine méfiance vis-à-vis de cette technologie. Techniquement l’anonymat était protégé, mais cette protection était renforcée par l’utilisateur qui prenait bien soin de ne jamais rentrer son nom sur les forums de discussions et sur les chats. C’est ainsi que le concept de pseudonyme, qui paraît totalement naturel aujourd’hui, est apparu sur internet. Wikipedia parle du pseudonyme en ces termes :
Le pseudonyme ou pseudo (abréviation usuelle), est un nom d’emprunt pris par quelqu’un qui ne souhaite pas exercer une certaine activité sous son véritable nom.
L’usage du pseudonyme est fréquent dans les milieux littéraires ou artistiques. Il permet dans certains cas de garder l’anonymat. Le pseudonyme se distingue du surnom en cela qu’il est choisi par la personne qui le porte au lieu de lui être attribuée par un tiers.
Dans les milieux littéraires, on utilise le plus souvent le pseudonyme afin d’échapper aux conséquences néfastes que pourrait causer un ouvrage sur l’image de son auteur (car critique envers le pouvoir, politiquement incorrect …) . Mais pourquoi donc utiliser un pseudonyme sur internet ? Je pense que l’usage du pseudonyme s’est développé à partir du moment où l’utilisateur va écrire quelque chose qu’un grand nombre de personnes vont lire, qui s’inscrira dans la durée (son post sera surement affiché pendant longtemps) et dont il ne veut pas assumer les conséquences. Internet était perçu comme un outil très intéressant mais qui pouvait nous causer du tort. Il faut aussi savoir qu’internet était très stigmatisé au départ, on lui reprochait de ne diffuser que du contenu pornographique, voir même du contenu pédophile. Certes, ce contenu existe, mais limiter internet à cela serait extrêmement réducteur. Il y avait donc une certaine méfiance vis-à-vis de cette technologie ce qui explique que les gens ne souhaitaient pas s’y afficher.
Un considérable virage a été pris à partir de 2004 avec l’émergence du web 2.0. Ce concept un peu fourre-tout comporte en son sein l’idée d’un web social, et replace l’individu au centre d’internet. L’idée d’anonymat a progressivement commencé à s’estomper. Tout d’abord à cause de nouveautées législatives qui permettaient de tracer les gens, à la banalisation des connexions ADSL et de leur IP fixe, et à l’arrivée des réseaux sociaux. L’utilisateur savait qu’il n’était plus techniquement anonyme. Le web est arrivé à maturité, et on a fini par prendre conscience que ce n’était pas un lieu de non droit, mais un endroit comme un autre où l’on devait assumer nos positions et où l’on pouvait être poursuivi en justice si l’on ne respectait pas la loi. Il y a eu à l’époque de nombreux procès pour diffamation contre des bloggeurs ou contre des personnes qui postaient des commentaires diffamants. L’arrivée du droit sur internet a permis d’accroitre la confiance dans cette technologie et de réfléchir à la possibilité de se construire une identité numérique.

Cette identité numérique se construit aujourd’hui à travers les sites de réseaux sociaux comme facebook ou myspace. Chacun peut contrôler l’image qu’il véhicule sur ces sites, en choisissant les informations qu’il diffuse et les personnes qui y ont accès. Elle peut aussi se construire à travers un blog en montrant cette fois-ci ses compétences et ses points de vue. Les bloggeurs connus sont aujourd’hui bien identifiés et ne cachent pas derrière des pseudonymes. Ouriel Ohayon de techcrunch.fr, Eric Dupin de presse-citron.net, Loïc le Meur… sont des exemples bien connus. Les gens ont maintenant compris qu’Internet pouvait servir de tremplin pour une vie professionnelle, des projets ; cela permet de se faire remarquer.
Les utilisateurs ne sont pas les seuls à avoir compris l’intérêt de gérer son identité numérique et l’on va assister dans les prochains mois à la guerre de la centralisation des données chez les mastodontes du web. Open ID VS Facebook Connect VS MySpace Data Availability. Mais que promettent ces services ? Tout simplement de centraliser et de contrôler vos données. Actuellement, vous devez rentrer toutes vos données à chaque fois que vous allez vous inscrire sur un site : nom, prénom, adresse… Ces services permettent d’accélérer la phase d’inscription en donnant directement vos données au site web concerné. Prenons l’exemple de Facebook connect (qui sera lancé d’ici quelques semaines) et de son interaction avec digg.com.
Si vous avez un compte facebook, vous n’aurez plus besoin de passer la procédure d’inscription de Digg, vous vous connecterez avec vos identifiants Facebook. A la première connexion, Facebook Connect vous demandera quelles informations vous autorisez Facebook à partager avec Digg (Coordonnés, Photos, liste d’amis…). Une fois ces choix validés, Digg aura accès à toutes les informations sélectionnées. Toutes les modifications effectuées sur Facebook se répercuteront sur votre compte Digg, et sur tout les sites où vous utilisez Facebook connect.

Open ID et MySpace Data Availability font la même chose. Ainsi ces services ont pour ambition d’être au cœur de votre identité numérique. Nous sommes donc en train de passer d’un internet où l’individu était anonyme à un internet où l’identité numérique aura une importance prépondérante. L’individu veut être maître de ses données et contrôler les informations qui circulent sur lui et sa vie privée. Il veut de plus se faciliter la vie en perdant le moins de temps possible à créer et modifier ses informations. Le potentiel commercial est donc énorme. Pour les sites web, la perspective d’avoir les données de tout les utilisateurs et d’être la passerelle obligée pour se connecter à n’importe quel site web est très alléchante. Avec ses 180 millions de membres, Facebook est bien parti dans la bataille. Mais la guerre risque d’être très rude entre les différents protagonistes.
Google de son côté promeut OpenID. OpenID est un système standard, ouvert et décentralisé d’identité numérique. Plusieurs sociétés différentes peuvent proposer des comptes OpenID. Le fonctionnement est analogue à Facebook connect, un identifiant unique permet de se connecter à de nombreux sites partenaires. Ce système a déjà été adopté par google, yahoo, AOL et de nombreux mastodontes du web. Par exemple votre compte Yahoo peut servir d’identifiant OpenID. Il y a environ 27000 sites web qui supportent cette technologie et 500 millions de comptes existants.
2009 sera surement l’année du développement de l’identité numérique centralisé. Vous n’avez pas fini d’en entendre parler.
Baptiste is
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janvier 29th, 2009 at 11:13
[...] De l’anonymat à la gestion de son identité numérique sur Blog Sprint Junior Entreprise. A lire impérativement puisqu’il fait une petite synthèse de l’histoire de l’identité numérique et aborde aussi la question des OpenID, Facebook Connect et consorts. [...]