Depuis le dix-neuvième siècle, tous les cours suivent le même schéma. Un professeur, symbole d’autorité qui enseigne une matière à des élèves qui n’ont pas le droit de contester les informations qu’il inculque aux élèves. Tout le monde en a fait les frais, et tous les cours, y compris en grande école d’ingénieurs ou de commerce -où les étudiants sont supposés utiliser leur esprit critique pour répondre à des besoins précis et pour créer des solutions innovantes sur les bases de leur savoir- sont fondés sur le même modèle.
Pourtant, ces dernières années, au vu de l’incroyable expansion d’Internet (et nous n’en sommes qu’au début), on a montré que tout le monde pouvait trouver une information immatérielle, non catégorisée, accessible à n’importe qui et qui concurrence les pensées des experts trouvées dans les encyclopédies.
C’est toujours intéressant d’observer ce que donnent les mises en abîme : la télévision qui regarde la télévision, le cinéma qui regarde le cinéma, les journaux qui regardent les journaux. C’est au tour d’Internet de s’analyser soi même. Les résultats sont pointés par un prof d’anthropologie du Kansas, Mike Wesch, qui a produit plusieurs vidéos sur Youtube justement, qui furent toutes classées pendant plusieurs jours parmi les 10 premières vidéos les plus vues.
Mike Wesch montre comment il a pu dépasser l’apathie générale de ses élèves en utilisant les technologies du web 2.0, des blogs, de Youtube et de wikipedia. Tout a commencé avec une étude éthnologique sur Youtube et il s’attaque maintenant à l’éducation. Imaginez un monde où les élèves, plutôt que de recevoir une information fixe et statique, participent à la promotion d’un savoir commun, basé sur les connaissances de chacun, qui s’enrichirait au fur et à mesure des discussions avec chacun. Plutôt que de forcer les élèves à écouter un cours rébarbatif sur tableau noir, la clef pour les intéresser et de leur parler de ce qu’ils peuvent faire avec leurs connaissances pour faire progresser la connaissance du groupe. Ça ne vous rappelle rien ? Mais si !
Voici ses conclusions :
A portal to media literacy
La question qui se pose alors : les technologies Web 2.0 peuvent-elles mettre fin au cours magistraux ?
Les cours de Socrate se finissaient par une séance de questions, pourquoi ne pas contribuer à la connaissance commune en questionnant ce que les élèves ont à dire, et non en approuvant une figure d’autorité qui parle d’un domaine ou il est expert.
Entre ça et les cours sur Facebook, il n’y a qu’un pas …
PS : regardez les vidéos, c’est en anglais, mais ça ouvre vraiment des perspectives …
FX is
Email this author | All posts by FX | Subscribe to Entries (RSS)


décembre 9th, 2008 at 3:14
Qu’un cours soit adapté, au fil du temps, à ses élèves est une très bonne chose.
D’un autre coté, si le cour change sous l’impulsion étudiante, et sort “trop” des sentiers battus, comment s’assurer que l’information, tant dans son exhaustivité que dans sa véracité reste toujours à un certain standard de qualité ?
Et deuxièmee point important, comment arriver à trouver un juste milieu entre le cours rigide et un cours trop flexible où les étudiants “réinventent” leurs cours de façon fantaisiste ?
décembre 9th, 2008 at 11:32
Le temps du fantasme sur l’éducation future, où les ordinateurs apportent des connaissances sans effort de l’étudiant à travers des électrodes, est bien révolu. On le voit aujourd’hui, la meilleure façon d’intéresser un étudiant est de l’impliquer dans sa propre éducation. L’éducation “participative” est sans nul doute l’avenir de l’enseignement du savoir.
Mais cela ne devrait-il pas se limiter à un certain niveau d’étude?
Comment peut-on proposer son propre point de vue si on n’a pas reçu de formation initiale? Faut-il repartir à zéro à chaque fois en oubliant les acquis des générations précédentes?
Et est-il possible de se forger sa vision des choses une fois qu’on a admis la réflexion d’autrui?
J’essaye içi de souligner la difficulté de trouver un juste milieu dans l’utilisation de l’éducation telle qu’on la connait depuis des siècles.
décembre 9th, 2008 at 12:08
Je pense comme Benoît que l’éducation participative ne peut se faire qu’à partir d’un certain niveau, en fait elle ne peut se faire que lorsqu’on a acquis un esprit critique comme le dit Fox dans son article.
Pour apprendre les mathématiques il n’y a pas mille méthodes, il faut un cours et ensuite faire des exercices. Mais lorsque l’on connaît les bases, lorsque l’on a acquis un esprit critique cela devient de plus en plus difficile de suivre un “cours magistral’, car pour réussir à motiver 200 personnes dans un amphithéâtre il faut avoir une sacrée personnalité et ceci n’est pas donné à tout le monde. Et dans ce cas les nouvelles technologies, dont le web 2.0 peuvent être un instrument qui aiderai les élèves à s’intéresser, néanmoins il ne faut pas oublier que il ne s’agit que d’un instrument et non pas une fin en soi. Le fond, les connaissances restent les mêmes, et à la fin les étudiants devront connaître les mêmes choses et être capables de refaire les mêmes tâches.
Mais l’utilisation de ces nouvelles technologies demande aussi une formation préalable des enseignants, car la plupart des enseignants ne sont pas très à l’aise avec celles-ci. Et très souvent on oublie dans les grandes écoles que les enseignants doivent eux aussi être formés afin de s’améliorer et de pouvoir mieux intégrer les outils qu’ils ont à portée de main dans leur façon d’enseigner. Et ce point et hélàs trop souvent oublié par les institutions en charge de l’éducation.