Les 11 & 12 décembre dernier, Sprint a participé au salon Telecoms 2008 au Park Hyatt, Paris-Vendôme. Nous vous proposons donc une série d’articles traitant de divers thèmes du secteur des Télécoms abordés lors du salon.
Les MVNO se rebiffent !
Rappelons que MVNO signifie Mobile Virtual Network Operator. Il s’agit d’un opérateur télécom vendant des minutes de communication, qui ne possède ni son infrastructure, ni de spectre de fréquence (les fameuses licences vendues si cher lors du passage à la 3G). Il achète tout simplement ses minutes « en gros » à l’opérateur classique (Bouygues Télécom, Orange ou SFR) dont il dépend. Il existe 9 MVNO indépendants qui représentent : 5% des abonnés, 2,5% de parts de marchés et seulement 1,4% des minutes consommées.
Les MVNO présents lors de la table ronde étaient : TRANSATEL (Jacques BONIFAY, chief executive officer) et TELE2 MOBILE (Grégory GOSSET, directeur général).
Mais qu’est-ce qui pousse ces MVNO à se rebeller ? C’est plutôt simple : les MVNO ont intrinsèquement besoin des opérateurs mobiles pour pouvoir fonctionner. Se pose alors le problème de la concurrence. En effet, ces fameux MVNO proposent bien souvent des tarifs et des services à leurs clients plus attractifs que leur opérateur hôte. Les grands opérateurs ne cherchent donc pas à faciliter la vie ou à héberger davantage de ces opérateurs virtuels, de peur de cette concurrence. Quand ils le font, ils leurs imposent des contraintes contractuelles pénalisantes. Jacques BONIFAY, au nom de TRANSATEL (opérateur spécialisé pour les habitants résidants le long des frontières), déclare à ce propos : « Je réussis mieux en Belgique où les MVNO sont mieux acceptées ».
Quelles solutions pourraient permettre aux MVNO de mieux se développer en France et ainsi d’encourager la concurrence ? Eric Besson, secrétaire d’Etat au développement de l’économie numérique, avait indiqué fin avril dernier, que les services de l’Etat seraient saisis afin de « comprendre les points de blocage éventuels ». Il avait insisté : « Notre rôle, c’est de faciliter la concurrence ». Chose promise, chose due, le Conseil de la concurrence (représenté lors la table ronde par Frédéric Palomino) a travaillé sur la question avec l’aide de l’Arcep (le régulateur des télécoms) et a remis ses conclusions sur la question au ministère. Les solutions préconisées sont :
• “Déverrouiller les contraintes contractuelles qui pèsent sur les opérateurs virtuels”.
• “Créer de nouvelles incitations concurrentielles pour améliorer les conditions dans lesquelles les MVNO peuvent être hébergés par leurs opérateurs hôtes”.
• Autre piste très intéressante : attribuer une quatrième licence mobile pour équilibrer les parts de marché entre les opérateurs mobiles et virtuels, comme c’est le cas dans de nombreux pays européens. “Loin d’être défavorable aux MVNO, une telle option peut créer une dynamique positive, à condition là encore qu’elle s’accompagne d’un déverrouillage des conditions techniques, tarifaires et contractuelles faites aux opérateurs virtuels dans le sens déjà exposé”.
Suite à ces recommandations, Christine Lagarde, ministre de l’Economie et Luc Chatel, secrétaire d’Etat à la consommation, invitent l’Arcep à prendre toutes les mesures nécessaires en faveur du développement des MVNO. Le combat ne fait donc que commencer…
Valentin is
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