Les 11 & 12 décembre dernier, SPRINT a participé au salon Telecoms 2008 au Park Hyatt, Paris-Vendôme. Nous vous proposons donc une série d’articles traitant de divers thèmes du secteur des Télécoms abordés lors du salon.
Le Boom des Réseaux sociaux
Les intervenants de cette table ronde étaient Guillaume DECUGIS (CEO de Goojet), Olivier FECHEROLLE (directeur général France de VIADEO), Stéphanie HOSPITAL (directrice du marketing et du développement, audience et publicité numérique chez ORANGE), Marc SIMONCINI (PDG de MEETIC) , Nathalie WRIGHT (sales center vice president Southern Europe chez AT&T). Cette table ronde a été modérée par le Dr Matthew FRASER (senior research fellow à l’INSEAD).
Qui n’a jamais entendu parler de Facebook, Meetic ou MySpace ? Que vous soyez ou non inscrits à l’un d’eux, les réseaux sociaux sur Internet sont un fait d’actualité. « Facebook », leader en la matière, est cette année le troisième mot-clé tapé sur Google, derrière les JO de Pékin et « Sarah Palin » (!).
Ils auraient aussi joué un rôle essentiel dans l’élection présidentielle américaine : 75% des jeunes américains qui sont fortement enclins à être connectés à une de ces plates-formes d’échange ont voté pour Barack Obama.
En effet, en additionnant le nombre d’utilisateurs dans le monde de Bebo (réseau anglo-saxon), Myspace et Facebook, on obtient une communauté de taille équivalente à la population des Etats-Unis, de quoi se poser la question de l’influence de ces réseaux sur leurs utilisateurs et ses conséquences.
Il existe trois types de réseaux sociaux : les réseaux sociaux classiques (comme Facebook, MySpace), les réseaux professionnels (LinkedIn, Viadeo) et les réseaux de rencontre (Meetic par exemple). Ils visent chacun des publics bien différents : « les utilisateurs de la première catégorie disposent par exemple de beaucoup de temps mais peu d’argent, alors que ceux des réseaux pros le contraire », confie Olivier FECHEROLLE, PDG de Viadeo. Ce réseau a déjà trouvé son modèle économique, à la différence de Facebook, qui y réfléchit encore : 50% des revenus proviennent des abonnements des membres, 25% de ceux des recruteurs et 25% de la publicité ciblée (et donc chère).
Meetic quant à lui, voit ses bénéfices provenir à 95% de ses membres payants et à peine 5% de la publicité et de son service mobile : le Meetic mobile. Si ces deux exemples rapportent déjà, c’est parce qu’ils répondent à des besoins réels et non juste à une envie, comme c’est le cas pour Facebook. La situation de ce dernier est analogue à celle de Google il y a 10 ans, qui cherchait une manière de combiner usage gratuit et bénéfices. Pour le moment seules des entreprises comme Slide font des bénéfices via Facebook en facturant leurs applications.
Quels pourraient être les apports du développement de ces réseaux sur mobile ? Tout d’abord, il serait financier, les abonnés étant plus « éduqués » à payer pour un service sur téléphone mobile que sur le Net. Cela règlerait les soucis de revenus de certains réseaux tels que Facebook si tant est que les utilisateurs acceptent d’avoir à payer pour accéder à leur « profil » depuis leur portable. D’autres réseaux payants utilisent déjà le mobile en complément du pc et facturent à l’utilisateur deux abonnements, à l’image de « Meetic Mobile » pour lequel il faut payer 6€ supplémentaires par mois.
Une autre application suggérée lors de la table ronde, qui pourrait rendre les réseaux plus utilisés dans le monde professionnel, serait de tirer profit de la géolocalisation permise par les téléphones mobiles, pour pouvoir repérer dans un lieu donné quels sont ses contacts présents, ceci afin de faciliter les rencontres. Le principal frein actuel au développement des versions mobiles des réseaux sociaux reste du côté constructeur, car il faut des terminaux adaptés (grands écrans, ergonomie, prix…) pour profiter au mieux de ce contenu mobile.
Paradoxalement, la crise économique mondiale pourrait bien avoir un effet dopant pour les réseaux sociaux. En effet, en période d’incertitude quant à son emploi, on note une augmentation des inscriptions sur les réseaux professionnels mais une diminution des demandes de recruteurs. Pour le concurrent aux USA de Meetic, où la crise sévit plus fortement que chez nous, les derniers mois de cette année constituent un record d’inscriptions ; les réseaux sociaux parviendraient à convertir la crise en un « misery business ». D’autre part, la dépression économique a pour conséquence de diminuer les coûts publicitaires, ce qui va permettre aux services communications des réseaux, d’avoir plus d’impact pour le même budget.
Enfin les pesanteurs culturelles constituent-elles un obstacle au développement des réseaux sociaux ? Ne négligeons pas l’importance des cultures car les contenus échangés via les réseaux ou les informations partagées le sont le plus souvent localement, entre membres d’une même culture. Ainsi, les maisons mères de ces réseaux développent ou rachètent des réseaux locaux pour coller au mieux aux attentes des utilisateurs. A fortiori, cela permet de faire une publicité plus ciblée aux différentes régions du globe, de la vendre plus chère et donc de rapporter davantage.
Notons que la communauté française est une des plus actives : Facebook a été rapidement traduit de l’anglais en français et l’émergence des blogs a connu un de ses plus grands essors dans notre pays. L’échec de l’implantation de concurrents américains de Meetic en France ou en Italie montre bien que piloter un réseau social européen depuis le Texas risque fort de conduire à l’échec.
L’année 2009 promet un bel avenir aux réseaux sociaux, forts du développement des technologies mobiles, de l’implantation de filiales à l’étranger, et curieusement de la conjoncture économique mondiale.
Valentin is
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décembre 16th, 2008 at 0:35
Voilà un article de grande qualité rédactionnelle ! Le Sprint-blog est en passe de devenir une référence avec des contenus comme celui-ci !
décembre 16th, 2008 at 9:17
Article très intéressant.
Je me demande encore si les fabricants parviendront à faire des terminaux suffisamment ergonomiques pour ce genre d’usage mobile et à rendre confortable la navigation. Dans le cas contraire, le secteur des applications mobiles restera toujours marginale en terme de revenus. Pas sur aussi que l’utilisateur qui paye déjà cher son abonnement mobile soit enclin à payer encore plus pour naviguer sur des sites comme Facebook.
décembre 16th, 2008 at 12:36
Je suis d’accord avec toi Baptiste.
Les propos que j’ai résumé sont ceux des entrepreneurs.
Néanmoins, je pense aussi que les jeunes générations - dont nous faisons partie - ont à cœur la gratuité des services plus que les anciennes. Quand les éditeurs de réseaux sociaux espèrent tirer profit de la version mobile de leur réseau en les taxant, je crains que ce ne soit “scier la branche sur laquelle leur activité repose”, car cela diminuera l’affluence des visiteurs et donc la publicité sur mobile sera moins rentable.
Sans parler des abonnements encore chers pour accéder au Net depuis son téléphone portable…
décembre 18th, 2008 at 16:12
Excellent article.